OGM | le 22 mars 2010

L’Italie interdit par décret la culture du MON 810 sur son territoire.

Le ministre italien de l’Agriculture, Luca Zaïa, a annoncé vendredi dernier la signature d’un décret interdisant la culture d’un maïs génétiquement modifié (OGM) sur le territoire italien, au nom du principe de précaution.

Le ministre a signé le décret au lendemain d’une décision de la Commission des semences du ministère qui avait refusé à l’unanimité l’inscription, sur le registre des semences, du maïs génétiquement modifié MON 810.

Cette commission était composée de représentants du ministère de l’agriculture mais aussi de l’Environnement, de la Santé et de plusieurs régions. La Commission “a donné un signal clair de la volonté du peuple souverain“, a indiqué le ministre Zaïa, insistant sur le fait que plus de 75% des citoyens italiens sont opposés à la culture des OGM en plein champ.

Toujours selon le ministre, la Commission a estimé sur la base de critères “strictement techniques” que les conditions n’étaient pas réunies pour “garantir la coexistence entre les cultures OGM et non OGM“.

Ce maïs Bt est le seul OGM autorisé à la culture en Europe depuis 1998. L’Italie anticipe peut-être la très probable future ré-autorisation européenne du MON 810 ainsi que deux autres maïs OGM des firmes Pioneer et Syngenta. La décision italienne suit de quelques semaines celle, très controversée, de la commission européenne d’autoriser à la culture la pomme de terre OGM Amflora de la firme allemande agro-chimique BASF.

Cette décision a été perçue par les opinions publiques et les gouvernements de plusieurs pays européens comme un véritable passage en force de la commission, surtout de son président Manuel Barroso et du commissaire à la santé et à la consommation maltais John Dali.

La France a de son coté saisi le Haut Conseil des Biotechnologies afin de prendre une décision sur l’autorisation ou non de cette pomme de terre. Elle est un des 6 pays (Grèce, Luxembourg, Allemagne, Autriche, Hongrie) à avoir pris une clause de sauvegarde sur la culture et la commercialisation du maïs MON 810. Mais cette clause de sauvegarde sera caduque au moment de la ré-autorisation de ce maïs OGM en Europe. En France comme en Italie se pose le problème de la coexistence impossible entre les cultures OGM et les cultures conventionnelles voire bio. Le gouvernement serait donc bien inspiré de suivre le chemin ouvert par les Italiens et les suisses récemment, en décidant d’un moratoire sur toutes les cultures d’OGM tant que la commission européenne n’a pas revu –comme cela lui avait été demandé en décembre 2008- ses procédures d’évaluations, notamment en évaluant beaucoup plus systématiquement les impacts environnementaux des cultures OGM.

Lire l'article et les commentaires
OGM | le 12 mars 2010

Grande première en Inde : Monsanto avoue l’échec de son coton Bt

cotonogm

Samedi dernier, le géant des semences OGM Monsanto annonçait une nouvelle fracassante : les insectes contre lesquels était censé lutter son coton Bt ont développé des résistances à l’insecticide secrété par cette plante génétiquement modifiée. De ce fait, les centaines de milliers d’agriculteurs, petits paysans qui ont depuis plusieurs années adopté cette variété de coton sont désormais contraints d’utiliser une quantité grandissante de pesticide. Greenpeace avait depuis longtemps annoncé les risques de résistance que pouvaient développer les insectes ciblés. Et ce, pas uniquement pour ce coton mais aussi pour de nombreuses variétés d’OGM comme par exemple le maïs MON 810.

La nouvelle a été relayé dans un article du journal indien « The Hindu » .

Cette découverte est issue d’une étude de terrain menée sur les cultures de coton Bt dans l’état du Gujarat (à l’ouest de l’Inde) révélant que ces cultures ne résistaient plus aux attaques du papillon ravageur contre lequel le coton Bt avait été initialement conçu.

Monsanto soutenait jusqu’alors qu’ « il n y avait jamais eu de cas avéré de baisse des rendements de cultures de coton ou de céréales Bt attribuable à la résistance d’un insecte ». C’est chose faite.

Mais les soucis du coton Bt ne s’arrêtent pas là. Il y a quelques semaines, un scientifique plutôt pro OGM de l’Institut Central de recherche sur le coton de Nagpur, le Dr Kranthi, déclarait que le coton Bt avait contribué à l’augmentation de l’utilisation de dangereux pesticides et que d’autres insectes détruisaient maintenant lescultures. On peut imaginer sans mal la situation désespérante dans laquelle sont plongés les agriculteurs, forcés après avoir adopté le coton BT de s’endetter pour utiliser encore plus de pesticides.

Mais Monsanto a une solution ! Suite à cet aveu d’échec, ils sont allés jusqu’à conseiller aux agriculteurs concernés d’utiliser leur tout nouveau produit nommé Bollguard 2, qui permettrait de retarder l’apparition de la résistance des insectes. Comme quoi la firme américaine a toujours une longueur d’avance, pour fournir des solutions toujours plus onéreuses à ses clients.

Après le récent moratoire indien sur l’aubergine Bt, il semble que les performances mirifiques de cette technologie soit quelque peu remises en cause.

Lire l'article et les commentaires
OGM | le 10 mars 2010

Moratoire de 3 ans sur les OGM : la Suisse en avance sur le reste de l’Europe

Ce lundi 8 mars, en fin de journée, le parlement suisse a prolongé de 3 ans le moratoire sur les cultures et commercialisation en plein champ d’OGM sur le territoire suisse. Ce moratoire avait été pour la première fois mis en place en 2005 pour permettre « l’acquisition de connaissances scientifiques encore manquantes ». Pour appuyer la prolongation de ce moratoire, le conseil fédéral suisse a souligné « qu’il n’existe pas de besoin urgent en matière d’OGM dans le domaine alimentaire, ni pour l’agriculture, ni pour les consommateurs ». La Suisse va donc rester totalement libre de toute culture OGM jusqu’au moins en 2013.

Greenpeace se félicite de ce moratoire dont devraient s’inspirer l’Europe et la France
La récente autorisation de la pomme de terre OGM Amflora de BASF par la commission européenne a suscité de très vives réactions des Etats membres de l’Union Européenne. Les gouvernements européens, par la voie de leurs ministres de l’environnement avaient exigé en décembre 2008 de la Commission qu’elle réforme ses procédures d’autorisation des OGM et qu’elle renforce son expertise. Depuis, rien n’a changé. Face aux Etats et aux opinions publiques Européennes, la Commission a choisi le passage en force en autorisant cette pomme de terre OGM -première autorisation depuis 12 ans- dont les impacts sur la santé et l’environnement restent inconnus.
Ce sont particulièrement deux hommes, Manuel Barroso et le Commissaire à la santé et à la consommation Dalli qui ont profité de l’absence de majorité qualifiée au sein de la Commission et de la possibilité d’une procédure écrite « sans débat » pour mettre les Etats membres devant le fait accompli.
De nombreux OGM sont actuellement en attente d’autorisation à la culture en plein champ au niveau européen.
On peut craindre que cette autorisation imposée aux Etats membres ne serve de précédent pour cette Commission décidément très pro-OGM et que de nombreux OGM soient à nouveau imposés sans évaluation satisfaisante.
L’expertise et les connaissances scientifiques sur les impacts des OGM sur la santé et encore plus sur l’environnement ne sont pas plus aboutis en France ou en Europe qu’en Suisse. Les helvètes semblent avoir pris une longueur d’avance en ce qui concerne l’application du « principe de précaution » qui est loin de prévaloir en Europe.

Lire l'article et les commentaires
OGM | le 2 mars 2010

La commission Barroso impose la pomme de terre OGM de BASF

patate

Dans l’une de ses premières décisions depuis sa prise de fonction, la nouvelle commission Barroso a autorisé la culture et la commercialisation d’un nouvel OGM, pour la première fois depuis 1998. La pomme de terre génétiquement modifiée Amflora de la firme agro-chimique allemande BASF est enrichie en amidon notamment pour les besoins de l’industrie papetière. Elle contient des gènes marqueurs qui lui procurent une faculté de résistance à certains antibiotiques. Cet OGM pose un risque inacceptable pour la santé humaine et animale, ainsi que pour l’environnement. Le commissaire à la santé, le maltais Dalli, en charge des questions liées aux OGM, a d’ailleurs dû utiliser une procédure écrite, pour éviter une réunion et un débat des commissaires européens sur le sujet.

Depuis six ans, l’innocuité de cette pomme de terre fait l’objet de controverses scientifiques. Par cette décision, le commissaire Dalli, pourtant chargé de la protection des consommateurs nie tous les débats scientifiques sur les potentiels dangers que représente cette pomme de terre et le fait que l’opinion publique européenne ne veut pas d’OGM.

Lire l'article et les commentaires