OGM | le 19 novembre 2009
De nouveaux développements quant à l’autorisation de mise sur le marché de trois types de Roundup soulèvent de lourdes interrogations. La véracité des dossiers déposés par les industriels, l’évaluation réalisée par l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments et les pratiques de Monsanto ne laissent pas de nous interroger.

L’affaire a commencé cet été. Le 16 juin dernier, le MDRGF (Mouvement pour le Droit et le Respect des Générations Futures) et un agriculteur, Jacques Maret, soutenus notamment par Greenpeace, demandaient l’abrogation des autorisations de mise sur le marché (AMM) de trois types de Roundup (Express, Extra et GT Plus) pour deux raisons.
Premier problème : le POEA (un détergent) n’y est pas pris en compte comme substance active, mais seulement comme adjuvant. Deuxième problème : des garanties manquent quant à la dangerosité de deux de ces Roundup (dont l’emploi est autorisé en amateur) pour les usagers ainsi que pour les enfants susceptibles de se rendre sur les zones de traitement.
Le ministre de l’Agriculture n’ayant pas répondu à ces demandes, une requête fut déposée devant le Conseil d’Etat le 18 octobre 2009. Ce n’est qu’alors que les plaignants ont reçu une réponse du ministre. Il y affirme que, dans les « dossiers de demande d’AMM des trois types de Roundup mis en cause, leur composition intégrale ne contient pas de POEA ».
Des analyses indépendantes ont donc été demandées par les plaignants afin de vérifier la véracité de ces propos. Or, elles témoignent de la présence de POEA, contrairement à ce que prétend le ministre. En outre, ces analyses révèlent que deux de ces Roundup ont le même numéro d’AMM alors que leurs compositions sont différentes !
Tout ceci nous amène à nous interroger fortement sur la véracité des dossiers déposés par les industriels, l’évaluation par l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments et les pratiques de Monsanto.
Lire le dossier de presse
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# Capitaine Poltron dit : Vendredi 26 juin 2009 à 23:33
Ceci dit c’est pas gagné.
« Arrêté du 6 octobre 2004, Article 2 :
La mention « emploi autorisé dans les jardins » est accordée aux seuls produits visés à l’article 1er du présent arrêté bénéficiant d’une autorisation de mise sur le marché qui présentent des garanties de moindre dangerosité eu égard à leur utilisation par des non-professionnels et leurs interactions potentielles sur des populations particulièrement vulnérables tels que les jeunes enfants et les animaux domestiques. »
Il n’est pas indiqué que les garanties etc… doivent être évaluées par le pétitionnaire. : il suffit donc que ces garanties aient été jugées réunies par l’affsa. Or c’est le cas :
« Les résultats montrent que l’exposition des applicateurs est très inférieure à l’AOEL sans port de gants. Au regard de ces résultats, il est estimé que le risque sanitaire des applicateurs en jardin d’amateurs est considéré comme acceptable.
Le risque pour les personnes (enfants par exemple) pouvant pénétrer sur les surfaces traitées n’a pas été évalué par le pétitionnaire.
Par mesure de précaution, la rentrée dans la zone traitée ne devra pas se produire avant le
séchage complet de la zone traitée. »
Chacun pourra remarquer que le MGRDF tronque sa citation : Tout le paragraphe « Le risque…évalué par le pétitionnaire » est cité dans son communiqué… sauf « par le pétitionnaire », ce qui change tout, puisque ce risque a été évalué par l’affsa.
En conclusion, encore un gros coup d’agit’prop du MGRDF, mais rien de consistant, comme d’hab.
# Capitaine Poltron dit : Samedi 27 juin 2009 à 8:34
Pour être complet, concernant le fait que le tensioactif POEA devrait être considéré comme un produit actif du RoundUp au même titre que le glyphosate (et donc subir les même test) :
Le MDRGF s’appuie sur la définition de la directive CE 91/414 pour la définition de « substance active » et prétend ensuite s’appuyer sur l’avis de l’affsa pour prouver que le POEA doit etre considéré comme une substance active.Regardons y de plus près :
Extrait de la directive CE 91/414 :
4. “Substances actives” : Les substances ou micro-organismes, y compris les virus exerçant une action générale ou spécifique:
4.1. sur les organismes nuisibles ou
4.2. sur les végétaux, parties de végétaux ou produits végétaux.
Malheureusement, l’avis de l’affsa 2008-SA-0034 par lequel le MDGRF prétend prouver que le POEA est une substance active porte sur l’évaluation de l’article de Séralini, dans lequel est étudié l’effet du POEA sur sur 3 modèles cellulaires humains. (rien à voir ni avec le 4.1, ni avec le 4.2).
Pour l’histoire des deux numéros d’amm identique, c’est incompréhensible : Voilà ce que l’on pouvait lire sur ce blog même au mois de juin dernier :
«Après analyse, le MDRGF et Monsieur Maret demandent au Ministre de l’Agriculture l’abrogation des Autorisations de mise sur le marché (AMM) pour trois formulations de Round Up® : Round Up Express (AMM 2010321), Round Up Extra 360 (AMM 9800036) et Round Up GT Plus (AMM 2020448). »
Ces numéros sont vérifiables sur le site « e-phy » du ministére de l’agriculture.
les AMM emme mêmes sont disponibles sur le site de l’afssa
Liens vers les AMM :
http://www.afssa.fr/Documents/DIVEha2010321.pdf
http://www.afssa.fr/Documents/DIVEha9800036.pdf
http://www.afssa.fr/Documents/DIVEha2020448.pdf
Pour mémoire, le communiqué de presse du MDGRF du 23 juin 2009 :
Paris, le 23 juin 2009.
Le MDRGF et Jacques Maret, agriculteur, demandent au Ministre de l’Agriculture de prononcer l’abrogation des autorisations de trois formulations de Round Up .
Vu le risque potentiel pour la santé publique et l’environnement de certaines formulations herbicides à base de glyphosate, mis en évidence par des études comme celles du Professeur Gilles-Eric Séralini (voir : http://pubs.acs.org/doi/abs/10.1021/tx800218n), le Mouvement pour les Droits et le Respect des Générations Futures (MDRGF) et Jacques Maret, agriculteur, ont étudié les Autorisations de Mise sur le Marché (AMM) de certaines formulations à base de glyphosate de marque Round Up, obtenues par la société MONSANTO FRANCE.
Après analyse, le MDRGF et Monsieur Maret demandent au Ministre de l’Agriculture l’abrogation des Autorisations de mise sur le marché (AMM) pour trois formulations de Round Up : Round Up Express (AMM 2010321), Round Up Extra 360 (AMM 9800036) et Round Up GT Plus (AMM 2020448).
Cette demande est basée notamment sur les éléments suivants :
Ces AMM ont été données sans prendre en compte la présence du polyoxyéthylène amine (POEA), présent dans les formulations Round Up en tant que substance active. Or, le POEA a une action spécifique sur les végétaux traités (cf. avis AFSSA n�°2008-SA-0034 du 26/03/09), ce qui correspond à la définition d’une substance active selon la Directive n° 91/414. Ces AMM ne répondent donc pas aux exigences légales, notamment celles de l’arrêté du 6 septembre 1994.
Les Round Up Express et Round Up GT Plus ont en outre été autorisés pour les usages en jardin amateur . Pour de telles autorisations, il doit normalement être établi des garanties de moindre dangerosité [pour] leur action potentielle sur des populations particulièrement vulnérables telles que les jeunes enfants et les animaux domestiques . Or, l’avis de l’AFSSA du 16 avril 2007 sur la demande d’AMM n° 2010321 indique que � le risque pour les personnes (enfants par exemple) pouvant pénétrer sur les surfaces traitées n’a pas été évalué �. Ceci est contraire aux dispositions légales, et notamment celles de l’arrêté du 6 octobre 2004 relatif aux conditions d’emploi de cette mention � emploi autorisé dans les jardins �.
En cas de refus de la part de Ministre de l’Agriculture, le MDRGF et Monsieur Maret porteront l’affaire devant le Conseil d’Etat.
Si jamais greenpeace arrive à remettre en cause ces amm sous prétexte que les adjuvants doivent être considérés comme des substances actives, alors il y a biens d’autres produits phytosanitaires dont les amm seront à revoir. En effets tous contiennent dans leurs formulations d’autres produits que la substance active. Et Il ne sera pas très difficile de « montrer » par une méthode séralinienne que ces produits sont actif in vitro sur une lignée cellulaire bien choisie.
Mais cela ne se produira pas, car au sens de la loi, le POEA et les adjuvant ne sont pas des substances actives. En effet pour cela il devrait avoir une action spécifique sur les végétaux.
Or l’affirmation du MGRDF : «Or, le POEA a une action spécifique sur les végétaux traités (cf. avis AFSSA n°2008-SA-0034 du 26/03/09) » est purement mensongère. En effet l’avis de l’afssa cité ne parle à aucun moment de cellules végétales, et pour cause : cet avis a pour objet l’étude de Séralini citée dans le communiqué du MDRGF, qui elle même concerne 3 lignées de cellules humaines, dont deux sont cancéreuses.
Pour obtenir l’avis de l’afssa sur l’étude de Séralini, chercher le document DIVE2008sa0034-9.pdf sur le site de l’afssa. Ça vaut son pesant de cacahuet.
Il y a également mensonge quand le MGRDF fait une citation tronquées de l’AMM 2010321. le MGRDF cite ainsi : « le risque pour les personnes (enfants par exemple) pouvant pénétrer sur les surfaces traitées n’a pas été évalué ». Alors que la citation complète est «le risque pour les personnes (enfants par exemple) pouvant pénétrer sur les surfaces traitées n’a pas été évalué par le pétitionnaire ». Ce mensonge n’est certainement pas innocent, car comme je l’ai montré dans mes commentaires du mois de juin, selon la loi, il n’est pas précisé que l’évaluation doive être faite par le pétitionnaire. Il suffit de consulter les AMM en question pour constater que cette évaluation a été faite par l’afssa. Donc tout est en règle.
Pour paraphraser Greenpeace,
Tout ceci nous amène à nous interroger fortement sur la véracité des dossiers déposés par le MGRDF et les pratiques de Greenpeace.
Vraiment des gros mafieux chez Monsanto. Ils trouvent toujours un moyen (financier) pour infiltrer les plus hautes autorités et arrivent , malgré certaines casseroles , à nuire.
C’est une preuve supplémentaire du danger de cette entreprise. Il faut se mobiliser.Vérifiez à chacun de vos achat, si le produit acheté, n’a pas , durant son parcours, permis de rapporter de l’argent à cette saloperie d’entreprise.
Ce que je trouve amusant dans cette histoire c’est que le « fondement de l’action » se base sur une publication de Séralini qui a été réfutée par l’Afssa. Il faut rappeler qu’il est tout à fait normal que des cellules en cultures meurent au contact de détergents, le contraire serait d’ailleurs étonnant. Séralini aurait très certainement obtenu les mêmes résultats en utilisant du savon pour les mains. Le fait que ces désherbants soient de monsanto est en fait la seule raison de s’en prendre à ces formulations. Des formulations à base de glyphosate renfermant des surfactants ne manquent pas sur le marché, qu’ils soient de monsanto ou non. Sur le site « e-phy » cité par Capitaine Poltron on peut consulter toute une liste des produits à base de glyphosate disponibles sur le marché, et la liste est longue. Quand bien même les activistes arriveraient à faire retirer ces trois formulations des rayons (ce dont je doute) il en resterait tellement de disponible que cela ne dérangerait ni monsanto ni les utilisateurs de ces produits. Cette mascarade n’est que du vent et un coup de pub médiatique. Elle rend nos écolos de service de moins en moins crédibles. Mais bon, il semble que certains adeptes de greenpeace aiment financer des actions totalement inutiles pour la sauvegarde de l’environnement.
Sinon je serais curieux de pouvoir consulter les tracés chromatographiques de la figure 10 du rapport analytique montrant que les deux produits « Roundup GT Plus » des années 2003 et 2007 portant le même numéro d’homologation ont des profils de composition en adjuvants différents (le fait que les formulations de 2003 et 2007 portent le même numéro d’AMM est d’ailleurs mentionné dans le rapport de l’Afssa).
La stabilité chimique de certains adjuvants fait qu’après 6 ans il n’est pas impossible que les profils différents observés lors de l’analyse puissent s’expliquer par une oxydation ou une polymérisation de ces composés. Il est précisé dans les avis de l’Afssa que ces préparations sont stables au moins deux ans, qu’en est-il après six? Surtout que les « compositions adjuvantes manifestement très différentes » mentionnées dans le résumé du rapport d’analyse ne sont décrites nulles part, ni qualitativement, ni quantitativement! Allons, un peu de transparence, que greenpeace publient la totalité du rapport d’analyse!
Ce qui me rassure un peu c’est que je constate que de plus en plus de particuliers sont sensibles à la pollution causée par ces saloperies de Roundup et autres insecticides qui ne servent absolument à rien. Je vois tous les jours des jardiniers (particuliers habitant dans une maison avec un jardin) me dire qu’ils arrêtaient de traiter chimiquement leurs plantes , arbres et arbustes. Je remercie des connaisseurs comme Alain Barraton (qui fait une superbe chronique jardinage sur France Inter le samedi et dimanche matin et auteur de plusieurs ouvrages) de nous donner d’excellents conseils pour pouvoir se passer efficacement de ces produits nocifs tout en obtenant de meilleurs résultats.
Se passer complètement des produits « Monsanto » : rien de plus facile.
Seul boulot : informer, informer, informer.
Un nouveau document sur le site du ministère de l’agriculture. Je n’ai pas encore tout lu mais j’y ai déjà vu des choses qui défriseront les anti, comme celle-ci :
«En conclusion, dans la recherche de solutions et de
techniques pour résoudre les problèmes qui se posent à
l’agriculture : techniques de culture (sol, érosion),
maladies des plantes, rendements et qualité…les OGM
représentent une solution possible et alternative
parmi d’autres, entre lesquelles l’agriculteur doit
pouvoir arbitrer. »
http://agriculture.gouv.fr/sections/mediatheque/periodiques/aaer/cahier-thematique-aaer-n3760/downloadFile/FichierAttache_1_f0/cahier%20thematique-aaer%20n11-OGM.pdf?nocache=1134040585.85
ce qui me rassure un peu quant a la solidite du dossier : que capitaine poltron mette autant d’energie sur cet article…
8 commentaires sur les 11 deja postes…
@ guillaume2
Bonjour.
Cela vaut sûrement la peine d’y regarder de plus près.
Au-delà des querelles d’experts et de scientifiques, la nocivité des désherbants à base de glyphosate a pour moi un visage, celui de mon fils de deux ans qui a des malformations de l’oesophage et du larynx, et qui respire avec une trachéotomie depuis l’âge de 3 mois.
J’ai pulvérisé un désherbant à base de glyphosate sur 700 m2 (pas une petite plate-bande) pile dans les 3 premières semaines de grossesse, alos que je ne savais pas que j’étais enceinte, et que ces malformations se font à la 4ème semaine de grossesse.
Je viens d’écrire au gouvernement pour leur demander de faire des études impartiales et incontestables sur les malformations potentiellement causées par ces désherbants.
Sabine Grataloup – Maman de Théo
Une première remarque :
Le Roundup pour jardiniers amateurs est une préparation à diluer ( sauf erreur ).
Comment gérer les concentrations en glyphosate, s’il y a erreur sur la quantité d’eau ?
Quelle incidence sur les tests réalisés pa
Une première remarque :
Le Roundup pour jardiniers amateurs est une préparation à diluer ( sauf erreur ).
Comment gérer les concentrations en glyphosate, s’il y a erreur sur la quantité d’eau ?
Quelle incidence sur les tests réalisés par les experts ?
comment peut-on continuer à défendre les OGM alors qu’on a maintenant du recul concernant les désastres écologiques dont sont responsables les OGM, notamment en Amérique du sud et en Inde ?
Je ne parle même pas des méthodes de monsanto, le grand manitou des OGM que plus personne n’ignore maintenant.
Il s’agit bien de pinailler sur des détails de dossier scientifique :
Il est certain qu’il existe au minimum de sérieux doutes concernant les OGM et le roundup en terme de danger pour l’environnement et pour la santé publique. AU nom du principe de précaution, il faudrait au moins en suspendre la vente pour réaliser des études incontestables.
Il est également certain que les OGM livrent les agriculteurs pieds et poings liés à monsanto : ainsi une entreprise dont le but est de maximiser ses bénéfices prend peu à peu le controle de l’alimentation mondiale.
Personne ne pourra plus dire « on ne savait pas », même pas capitaine poltron
biotissus “on ne savait pas” quoi, exactement ? « sérieux doutes », je trouve ça un peu vague.
Sabine, le roundup n’est pas réputé être tératogénique.
C’est le ministre qui a raison : les trois roundup en question ne contiennent pas de POEA :
http://blogs.arte.tv/LemondeselonMonsanto/frontUser.do?method=getPost&postId=98531&blogName=LemondeselonMonsanto#comment
Capitaine Poltron, que faites-vous des études faites au Brésil en 2003 qui démontrent des malformations quez les rats, et de l’étude faite en Argentine l’année dernière dont les premiers résultats montrent également des malformations importants à des doses très faibles ?
C’est parce que j’ai cru qu’il n’était pas réputé dangereux que j’ai utilisé ce genre de produit, et maintenant mon fils est handicapé et je m’aperçois que des études existent qui tendent vers cette explication.
Je demande juste que des études complètes et incontestables pour vérifier cette hypothèse.